Infos du coordinateur
Extrait du Bulletin d'information No 11er décemre 2007
Pour faire connaître la musique de Niedermeyer et mettre sur pied des concerts qui permettent de l’apprécier à sa juste valeur, il nous faut d’abord rassembler le matériel musical indispensable à son exécution. Or, mis à part sa fameuse mélodie Le Lac, le très connu Pieta Signore et ses Pièces pour Orgue récemment parues, il n’existe plus aucune page de sa musique dans le commerce. La diffusion de sa musique suppose donc un travail de recherche préalable et de reconstitution de partitions, pour la plupart dispersées dans des fonds de bibliothèques entre Paris (B.N.F.), Lausanne (B.C.U.) et Genève (B. Mus. Ville et Cons.) ou chez des particuliers. Ensuite il s’agit de les éditer, soit sous forme de reprint à partir de l’édition originale soit, à défaut, de transcriptions établies à l’ordinateur sur la base de manuscrits autographes.
Bonne nouvelle : pour les concerts Niedermeyer prévus en avril et mai ce travail est achevé et toutes les pièces qui y seront produites sont déjà entre les mains de leurs futurs exécutants. Le travail s’est même poursuivi au-delà, de sorte qu’un certain nombre de partitions numérisées et prêtes à l’emploi pourront être mises à la disposition des intéressés et distribuées dans les bibliothèques de conservatoires dès que notre centre de documentation sera opérationnel et qu’une ou un documentaliste pourra prendre le relais. Sur ce plan-là, une étroite collaboration a été instaurée avec le Conservatoire de l’Ouest Vaudois.
Bulletin d'information No 2
2 février 2008
Le futur centre de documentation s'enrichit
En travaillant à l’inventaire des œuvres de Niedermeyer avec Madame Nanon Bertrand, musicologue de Paris et éditrice de ses Pièces pour Orgue, nous avons été étonnés de la richesse et de la diversité de sa production. Sur le tiers seulement de la totalité des documents qui a pu être dépouillé chez les héritiers de Niedermeyer - qui nous ont obligeamment accueillis à Puygiron (Montélimar)-, nous avons déjà rapporté une quantité de notices et 350 relevés photographiques de manuscrits musicaux prêts pour l’étude approfondie à laquelle ils seront soumis dans notre futur centre de documentation. Cette moisson se poursuivra ces prochaines semaines. Mais il est permis d’ores et déjà d’affirmer que le catalogue des œuvres déjà répertoriées de notre compositeur va s’allonger sensiblement.Outre le manuscrit autographe de son opéra La casa nel bosco, nous avons mis au jour des parties instrumentales qui nous permettent de faire de sérieuses conjectures sur l’existence d’un concerto de piano, de violon, et de nombreux chœurs dramatiques inédits. Mais la découverte la plus surprenante est incontestablement ce manuscrit de onze pages intitulé Nocturne pour harpe et piano sur la Valse No 2 de la Redoute de Nyon,témoignage étonnant de l’attachement que Niedermeyer vouait à sa ville natale.Ce morceau fait partie d’un genre de musique, la musique de divertissement, pour lequel Niedermeyer a peu écrit. Ce n’est certes pas de la grande musique, mais la valse tyrolienne dont il tire des variations et un rondo présente un intérêt historique indéniable. Elle nous informe qu’entre 1820 et 1830 environ, l’orchestre de la Redoute de Nyon menait la danse en jouant des tyroliennes, une musique typiquement suisse, voire alémanique. La Redoute était donc – comme le dictionnaire nous le précise - un lieu où l’on donnait des bals, après avoir fait partie du dispositif militaire de défense de Nyon mis en place en 1792 par les troupes bernoises. Il était facile à notre musicien de se rendre jusqu’à cette redoute, car il partait de la maison de ses parents, la Maison Niedermeyer - sise au bord du lac sur la rive gauche de l’Asse, et remontait directement le cours d’eau par l’actuel chemin du Vallon pour arriver sans encombre à ce petit plateau de La Redoute. Ceci se passait avant que le chemin de fer ne vienne bouleverser la topographie du lieu. Il y allait danser. C’est peut-être en cet endroit qu’il rencontra Jeanne-Suzanne-Charlotte des Vignes de Givrins, - née à Nyon le 1er janvier 1803 - , qui devint son épouse en 1831 et l’emmena vivre dans sa châtellenie de Genolier jusqu’à leur départ pour la Belgique en 1834. Nous n’y suivrons pas la petite famille Niedermeyer nous contentant de constater que notre musicien non seulement charme nos oreilles mais, involontairement peut-être, est capable de nous instruire sur l’histoire de notre cité.
Bulletin d'information No 3
3 décembre 2008
L’état de nos recherches à Puygiron
Nous avons découvert dans les archives de Niedermeyer conservées au château de Puygiron des trésors non seulement de musique mais aussi de lettres et autres écrits qui nous permettent d’apporter d’importants correctifs à sa biographie concernant la plus grande partie de sa vie, passée à Nyon et à Genolier. Les plus sérieux dictionnaires nous disent qu’il est parti s’installer à Paris dès 1825. Certes il s’est rendu à Paris avec son père en 1825, mais c’était en quête d’un éditeur pour son LAC, qu’il trouva d’ailleurs en la personne de Pacini qu’il avait rencontré à Naples. Il y resta quelque temps pour travailler avec Rossini sur sa partition de Guillaume Tell, mais ne cessa pas de résider à Nyon où il se maria en 1831 avec Charlotte des Vignes de Givrins et alla vivre avec elle à Genolier. Ils eurent une fille Suzanne-Louise-Eulalie, née à Nyon, qui devint plus tard la femme de Gustave Lefèvre ce musicien qui reprit l’école Niedermeyer de Paris à la mort de son fondateur. Le couple Niedermeyer et leur petite fille ne partirent de Genolier qu’en 1834 pour s’établir d’abord en Belgique puis à Paris.
Lors de nos travaux d’inventaire effectués au cours de notre troisième séjour à Puygiron (26 – 28 mai) cent nonante six relevés de documents ont été réalisés parmi lesquels se trouve un bon nombre de pièces pour le piano, piano et harpe, chœurs d’homme et la fameuse Messe solennelle en si mineur. Les pages manuscrites d’une cantate nulle part répertoriée nous ont longtemps posé un problème d’identification jusqu’au jour où par un heureux hasard la découverte à la Bibliothèque musicale de la Ville de Genève d’une copie manuscrite postérieure sous le nom de Chœur des Grecs nous a apporté la solution. Dans ce sens, une autre méthode d’approche consistait à comparer les filigranes des papiers.
Du 10 au 13 septembre (quatrième séjour) nous avons poursuivi notre inventaire et rapporté 370 relevés photographique de pièces de musique soit manuscrites soit provenant d’éditions originales naturellement épuisées, mais aussi de textes biographiques et de lettres autographes. Parmi les pièces de musique nous avons notamment découvert le manuscrit de la version pour piano à quatre mains de L’Ouverture pour grand orchestre dont la bibliothèque de l’OSR de Genève possède les parties instrumentales. Entre les biographies nous avons en particulier mis au jour celle signée par Aloys Mooser et, à notre grand étonnement, celle publiée par Gustave Doret. Et, venant compléter cette riche moisson, nous avons eu le privilège de mettre la main sur un grand nombre de lettres dont quelques-unes de Saint-Saëns et du prince de la Moskowa le fils du maréchal Ney, compositeur lui-même, qui s’était associé à Niedermeyer pour le renouveau et la promotion des chefs-d’œuvre de la musique de la Renaissance à Paris.
Tout ce travail d’investigation demande maintenant à être poursuivi dans le cadre du Centre de Documentation de Nyon pour aboutir à l’établissement d’un catalogue et d’une bibliographie aussi complets que possible et, plus immédiatement, à l’édition et la diffusion des œuvres de Niedermeyer.
Edouard Garo, coordinateur
BULLETIN D’INFORMATION No 4, de janvier à juin 2009
L’HÉRITAGE MUSICAL DE NIEDERMEYER
SUITE DE NOS TRAVAUX DE RECHERCHE
Les archives de notre compositeur nyonnais, Louis Niedermeyer, conservées en partie au Château de Puygiron dans la Drôme par ses descendants directs nous réservent à chacune de nos interventions de nouvelles surprises. L’inventaire et le catalogage que nous entreprenons avec l’aide de Mme Nanon Bertrand musicologue à Paris prennent une tournure fort réjouissante. Notre séjour du 12 au 14 janvier 2009 nous a permis de faire 965 relevés photographiques de pages de musiques et de documents divers et celui du 11 et 12 juin, plus de 350 autres précieux relevés à disposition des chercheurs à venir.
Dans cette belle moisson, mentionnons quelques nouveaux chœurs d’hommes a cappella notamment Le Retour dans la Patrie sur des paroles de Béranger, Les Soldats de l’Avenir de J. F. Vaudin ou encore L’Eternel est son nom , un autre cantique de Racine. Niedermeyer nous a livré également une impressionnante cantate pour basse solo et chœur sur le texte de La Ronde du Sabbat de Victor Hugo. La liste des mélodies pour chant et piano s’est aussi allongée de quelques titres intéressants, tels que L’Âme du Purgatoire ou, dans un registre plus léger, La Noce de Léonor , Une Scène des Apennins, Ne l’Espérez pas ou le nocturne Ne Parlons pas d’Amour. Parmi les 1300 relevés photographiques signalés plus haut il faut compter les pages de l’épreuve d’imprimerie annotée par Niedermeyer de son opéra Stradella et celles de l’œuvre lyrique écrite en commun avec Rossini, Robert Bruce.
L’identification des manuscrits isolés s’est poursuivie avec quelque succès, notamment grâce à la confrontation des parties instrumentales que possède la Bibliothèque musicale de la Ville de Genève d’une Ouverture attribuée à Niedermeyer avec le manuscrit autographe des quatre premières pages de la partition de direction trouvées à Puygiron. Mais le fait le plus marquant fut la découverte du manuscrit de la main même de Niedermeyer d’une partition d’orchestre d’un air du 5e acte de son opéra Marie Stuart. Quant aux larges extraits manuscrits de son opéra La Casa nel Bosco trouvés à Puygiron, une comparaison avec d’autres manuscrits de ce même opéra que possède la BnF nous imposait de nous rendre à Paris où nous avons pu consulter les microfilms concernés et en faire un tirage sur papier (300 pages). Ainsi la centralisation de tous les documents concernant La Casa nel Bosco dans notre Centre de Documentation de Nyon facilitera l’établissement d’un texte qui pourrait donner lieu à une édition critique de l’œuvre.
Par ailleurs, la mise au jour d’intéressantes lettres de Louis Niedermeyer envoyées d’Angleterre à son fils et à sa femme Charlotte fournira aux futurs biographes de précieuses et inédites indications sur sa vie. Au reste les archives de Puygiron nous révèlent que bien plus tard, en 1902, le projet de redonner la Messe Solennelle de Niedermeyer à St-Eustache pour le centenaire de sa naissance fit l’objet d’un abondant échange épistolaire entre son fils Alfred et des personnalités de diverses provenances, notamment de Suisse parmi lesquelles la belle-fille de Bartholoni son ami, fondateur du Conservatoire de Genève, sa cousine Mme N. Baylon de Chéserex et curieusement Eugène Gigout, son gendre, en séjour à Évilard.
La découverte la plus piquante fut le dossier complet de l’événement de 1893 qui, à Nyon, vit l’inauguration du buste de notre compositeur. Le manuscrit du discours de Louis Bonnard, alors municipal, (voir sa péroraison) y figure in extenso ainsi que des coupures de journaux de toute l’Europe et les tirages originaux de quelques photos prises par Louis Kunz, le photographe nyonnais aux travaux duquel le Musée de Nyon consacre une partie du 2e étage du Château.
Les retombées de l'ouverture du site www.niedermeyer-nyon.ch
De nombreux échos nous sont parvenus, tous élogieux, suite à l’ouverture de notre site.Plus de trois éditeurs se sont annoncés en quête de renseignements utiles à leurs publications : notamment de Dijon à propos de Dietsch un des premiers professeurs de l’École Niedermeyer fondée à Paris en 1853 dont les œuvres furent récemment données en concert en la cathédrale de Dijon. De Lyon une demande que nous avons pu partiellement satisfaire nous a été faite d’une photo d’Alfred Niedermeyer, le fils de Louis. Par ailleurs les éditions Fayard de Paris nous ont envoyé deux exemplaires dédicacés du roman de Maurice Denuzière « L’Alsacienne » qui parle abondamment de Niedermeyer et de sa fameuse École. Nous le recommandons aux lecteurs sur la page d’accueil de notre site.
Les archives AUDIO s'enrichissent
Grâce aux enregistrements réalisés lors des concerts de ces deux dernières années
la future phonotèque du Centre de Documentation de l’Association Niedermeyer s’est enrichie de sept heures d’une musique d’excellente qualité en grande partie inédite. Tout un chacun pourra venir bientôt s’en délecter !







