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L'ENSEMBLE INSTRUMENTAL NIEDERMEYER,
constitué en avril 2009 sur le site consacré à Niedermeyer, est composé d'un quatuor à cordes, comme base d'un ensemble à géométrie variable.
Son initiateur et directeur est Hans-Walter Hirzel, violon 1 (à gauche de la photo), accompagné de Muriel Noble, violon 2, (derrière le monument), de Yukari Shimanuki, alto, (devant), et de Stephan Rieckhoff, violoncelle, (tout à droite).
Il s'est attaché le concours de Nicole Wickihalder, pianiste (devant Stephan Rieckhoff), pour le concert du 17 mai 2009 au Temple de Nyon où l'Ensemble a affronté son public pour la première fois.

COMPTE RENDU DES CONCERTS DU MOIS DE MAI 2009
Les 5, 13 et 17 mai 2009, dans trois salles distinctes de Nyon, l’association Niedermeyer mettait sur pied un mini festival de musique - selon les propos d’un journaliste – consacré principalement aux œuvres du compositeur suisse Louis Niedermeyer, né à Nyon en 1802 et mort à Paris en 1861.
La première manifestation était consacrée à la période qui précéda sa naissance, mais qui fut déterminante pour le futur de ses options artistiques. Schubert et Beethoven inspirèrent en effet Niedermeyer, notamment dans le style, nouveau pour la France, qu’il adopta pour traiter texte et musique, à la façon d’un Lied schubertien.
C’est ainsi que le 5 mai en la grande salle du Château l’évocation historique, poétique et musicale proposée par l’association Niedermeyer donna au public l’occasion de relire une page importante de l’histoire de son château : le long séjour du poète Matthisson chez Bonstetten homme de lettres et bailli de Nyon entre 1787 et 1793, alors que la révolution grondait aux portes de son baillage. La vision décalée que le poète nous a laissée de ces événements se reflète dans ses poèmes écrits à Nyon. Ceux que Schubert et Beethoven traduisirent en musique constituaient le fil rouge de l’évocation musicale de cette soirée.
Le comédien Claude Thébert en fit un récit très convaincant, actualisant avec une belle prestance les faits mémorables que Bonstetten consigna dans ses « Souvenirs écrit en 1831» non sans recourir pour les étayer à l’échange épistolaire rassemblé dans la collection des « Bonstettiana » parue récemment chez Peter Lang.
Mais c’est à Samuel Zünd, baryton, accompagné par Theresia Schmid, pianiste, que revenait d’assumer le rôle de Matthisson chantant ses Lieder mis en musique par Schubert et Beethoven dans le site même où leurs paroles furent écrites. L’interprétation que ces deux artistes en donnèrent enthousiasma l’auditoire. Une telle excellence vaudrait que le spectacle soit repris ultérieurement.
Le 13 mai, en la salle de la Ferme du Manoir proche du château, nous eûmes le privilège d’entendre dans un récital entièrement consacré aux mélodies et ballades de Louis Niedermeyer le célèbre baryton suisse, Philippe Huttenlocher, accompagné par le pianiste du Grand Théâtre de Genève, Xavier Dami. Faisant suite à un premier cycle de mélodies que le public eut l’occasion d’apprécier l’année dernière déjà, le baryton neuchâtelois nous proposait ce soir-là un deuxième cycle composé entièrement de Lieder – comme Saint-Saëns aimait à nommer les mélodies et ballades de Niedermeyer – inconnus, mais d’une grande beauté dramatique comme La Mer, L’Océan ou Il cinque Maio. L’excellente prise de son effectuée à cette occasion permit d’alimenter de façon substantielle les archives sonores du Centre de Documentation de l’Association Niedermeyer, dont le but premier est de faire connaître et maintenir l’héritage musical de valeur qu’a laissé Niedermeyer à son pays, notre pays. D’ailleurs Philippe Huttenlocher commença son récital par Mon Pays, une remarquable mélodie sur un poème d’Émile Deschamps. La plupart des autres œuvres du programme, quant à elles, mettaient en valeur les textes des poètes favoris de notre compositeur : Victor Hugo et Alphonse de Lamartine ses contemporains. À la fin du concert, comme le public réclamait un bis, les deux artistes interprétèrent la pièce du dernier nommé, qui fit sa célébrité au 19e siècle : Le Lac.
Le troisième concert était consacré aux œuvres pour chœurs, solistes, quatuor à cordes et piano de Niedermeyer et Fauré, son disciple. Le dimanche 17 mai à 17 heures une nombreuse assistance se pressait au Temple de Nyon pour entendre ces pièces rares et pour la plupart inédites exécutées par le remarquable Ensemble vocal de Terre Sainte, - en fait un chœur de 75 choristes de Commugny-Coppet – associé aux jeunes voix de Serioso ma non troppo, un ensemble vocal issu de la Maîtrise du Conservatoire populaire de Genève dirigé par Serge Ilg.
L’Ensemble instrumental Niedermeyer, un quatuor à cordes formé de solistes de l’OSR et créé tout dernièrement à l’initiative de Hans-Walter Hirzel, accompagnait choristes et solistes dans les motets et la messe de Niedermeyer figurant au programme. Avec le concours de Nicole Wickihalder, pianiste virtuose, il nous gratifia en plus d'une exécution transcendante du fameux quatuor avec piano opus 15 de Fauré, chaque mouvement se répartissant judicieusement entre les pièces chantées. Ce concert fut remarquable en tout point, les deux solistes, Brigitte Ravenel, mezzo, et Claire Cuennet, soprano, participant pour une part importante à son succès dans des motets en duo qui paraissaient avoir étés écrits par Niedermeyer expressément pour leurs voix. Enfin on doit une telle réussite avant tout à la sensibilité et à l’exigence du chef de chœur, Serge Ilg, qui n’a rien à envier aux plus grands de ce pays.






